Techniques d'Ostéopathie
- Accueil
- Ostéopathie
Législation et Ostéopathie

L’ostéopathie est une discipline très récente en France. Son encadrement légal s’est fait de façon progressive et implique le respect d’un cadre précis concernant nos techniques l’on détaillera et expliquera ici…
Législation et Définition
Elle ne devient autorisée qu’en 2002 (avant c’était illégal de pratiquer l’ostéopathie). La profession et son cadre réglementaire (définition aux yeux de la loi) sont définis à partir de 2007. Le cadre des études (nature, durée, type d’enseignements) est défini à partir de 2014.
Celà permet donc de comprendre la nature hétéroclite de la profession : il existe des ostéopathes formés à l’étranger ou sous le manteau avant 2002, de ostéopathes formés de façon « aléatoire » (un séminaire en bord de mer pendant un week end a pu permettre à une époque de se prétendre ostéopathe) avant 2014 et depuis 2014 des ostéopathes dont la formation coche les cases prévues par la loi.
Formation en ostéopathie
Pour devenir ostéopathe (exclusif dit « ni ni »comme ni kiné ni médecin) depuis 2014 : un praticien doit justifier de 4860 heures de formations dont 1500 heures d’enseignements clinique et 150 patients reçus au sein d’une école agrée (!). Cela permet de valider la compétence et d’être reconnu « Ostéopathe D.O. » : comprendre Ostéopathe diplômé en Ostéopathie. Il existe d’autres titres dans la « nature » mais qui ne correspondent à rien d’un point de vue légal. Les autres acronymes signent une appartenance à un syndicat ou à des formations (attention : pas d’encadrement légal : pas de gage de qualité ou de sérieux).
Techniques encadrées ou sortilèges impardonnables ?
Du fait des lois, les ostéopathes n’ont pas le droit, ou sous réserve, de réaliser certains types de techniques. Elles sont de trois types différentes. Nous recopierons le texte de loi ici pour la compréhension (lien officiel ici aussi ):
I. – Le praticien justifiant d’un titre d’ostéopathe ne peut effectuer les actes suivants :
1° Manipulations gynéco-obstétricales ;
2° Touchers pelviens.
II. – Après un diagnostic établi par un médecin attestant l’absence de contre-indication médicale à l’ostéopathie, le praticien justifiant d’un titre d’ostéopathe est habilité à effectuer les actes suivants :
1° Manipulations du crâne, de la face et du rachis chez le nourrisson de moins de six mois ;
2° Manipulations du rachis cervical.
III. – Les dispositions prévues aux I et II du présent article ne sont pas applicables aux médecins ni aux autres professionnels de santé lorsqu’ils sont habilités à réaliser ces actes dans le cadre de l’exercice de leur profession de santé et dans le respect des dispositions relatives à leur exercice professionnel.
Les ostéopathes considèreront ensuite que l’on fait une distinction dans notre pratique entre « manipulation » synonyme de rapide et à basse amplitude (techniques qui craquent) et les techniques de mobilisations (contracté-relâché, inhibition, « traitement ostéopathique général » : TOG).
Autre détail trés intéressant concernant la pratique de l’ostéopathie : elle est d’après les textes de lois exclusivement manuelle. C’est à dire qu’un praticien réalisant des manoeuvres avec aiguilles, ventouses, ou pistolet de massage est hors cadre (illégal) !
Conséquences
On a pu évoquer la réglementation, mais quelles conséquences celà a t’il sur notre pratique et sur ses limites.
- Les manipulations gynéco- obstétricales : nous ne réalisons pas (et ne devons pas réaliser !!) de manoeuvre de version utérine (bébé en siège), de même que d’illusoires techniques de redressage d’utérus : non c’est non.
- Les techniques internes : la réalisation de ces techniques expose le praticien même « bien intentionné » (malgré le manque de preuves certains croient aux vertus thérapeutiques de ce qui est maintenant considéré comme une dérive…) à une accusation d’agression sexuelle et de viol. Si vous avez été victimes de telles pratiques, vous pouvez porter plainte contre le praticien, vous pouvez également déclarer l’évènement indésirable auprès de l’ARS, du CNO (Chambre Nationale des Ostéopathes) et du Miviludes (observatoire des dérives sectaires). L’ostéopathie ne disposant pas d’Ordre vous ne pouvez pas obtenir de sanctions ordinales/disciplinaires mais uniquement une sanction pénale- civile (prison, amendes, interdiction d’exercer…).
- Ostéopathie et nourrissons : Idem une grande partie de nos confrères recoivent et jouent sur les mots « manipulations »- « mobilisations » notamment quand il est question de nourrissons. Ainsi persiste une question : avons nous réellement le droit de toucher la face et le crâne des enfants de moins de 6 mois quelque soit le type de « manipulations » « mobilisations ‘? De façon générale : les bébés sont fragiles et « immatures » (entendre pas ossifié, ni bien fermé concernant les fontanelles) : alors que peut on manipuler sur leur face et leur crâne ? Les techniques destinées aux tous petits : doivent toujours être réalisées en douceur (si ça a l’air brutal ou bizarre : fuyez !). Idéalement aussi l’enfant ne doit pas pleurer : c’est un signe évident d’absence de consentement (!). D’autre part, on oubliera pas l’intérêt discutable de l’ostéopathie pédiatrique : ce n’est jamais une urgence, cela ne doit pas vous éloigner vous et votre enfant du soin « traditionnel », ni vous ruiner ; les preuves scientifiques d’efficacité sont peu concluantes également.
- Ostéopathie et cervicales : je vais exprimer ici un avis personnel qui n’engage que moi. Le rachis cervical est anatomiquement une zone plus fragile et à risque que le reste du rachis ( nature gracile de la jonction occiput, atlas, axis ; présence des artères vertébrales passant au sein des transverses du rachis cervical…). D’autre part : c’est aussi une zone sur laquelle il peut exister des malformations vertébrales, un risque cardio vasculaire : athérome, hypertension, risque de migration de caillots … Ainsi nous ne savons jamais vraiment ce que l’on a sous nos mains. Nous ne disposons jamais de certificats : aucun médecin raisonnable ne laisserai un charlatan inconnu manipuler (comment ?) son patient. Et pour finir comme une cerise sur le gâteau : les médecins sont très méfiants de ces techniques ayant à tort ou à raison déjà fait preuve de leur efficacité à amener les patients à l’hôpital (AVC, AIT, lésion de l’articulation C0-C1-C2…). L’Ostéopathie dispose d’une trousse à outils bien fournie : pourquoi se contenter de techniques traumatisantes (physiquement et psychiquement) et dangereuses ? Ainsi dans mon cabinet, vous avez la certitude que jamais (JAMAIS) je ne réaliserais de manipulations cervicales, mais seulement des manoeuvres, mobilisations douces.
Conclusion
La formation initiale en ostéopathie essaie de gagner ses lettres de noblesse depuis 2014. Malheureusement des dérives nombreuses existent encore et il est de la responsabilité des ostéopathes de s’assurer de vous recevoir dans le meilleur cadre : sécurité, sérieux et respect des lois. Pour conclure je crois que nous ne le répéterons jamais assez mais le consentement est essentiel à la bonne pratique de notre métier. Si ça vous fait non il faut dire non !
Sources
rappelons le cadre légal de l’ostéopathie en France : là
